Réduire ses impôts ne doit jamais être l'unique objectif
Quand la traque de l'avantage fiscal devient une obsession, elle finit souvent par dégrader la cohérence d'un patrimoine.
Par Marc Delorme · 8 octobre 2024 · 7 min de lecture
Il existe une formule, presque un mantra, qui circule dans certains cercles patrimoniaux : « payer le moins d'impôt possible ». Sur le papier, l'objectif paraît sain. Dans la pratique, il a conduit beaucoup d'épargnants à des décisions qu'ils auraient eu tort de prendre s'ils n'avaient pas eu cette obsession.
L'arbre fiscal qui cache la forêt patrimoniale
Lorsqu'on observe les portefeuilles de personnes ayant accumulé plusieurs dispositifs de défiscalisation au fil des années, on remarque souvent la même chose : un ensemble disparate, peu liquide, parfois contradictoire. Chaque produit a été acquis pour un avantage immédiat, sans réflexion sur la cohérence globale.
On ne construit pas un patrimoine en empilant des avantages fiscaux. On le construit en choisissant des actifs qui se complètent.
Le marketing de l'économie d'impôt
Toute une industrie vit de la promesse fiscale. Les arguments sont efficaces : ils parlent au porte-monnaie immédiat, ce qui est plus facile que de défendre une logique de long terme. Le problème, c'est que cette industrie vend rarement le produit le plus pertinent ; elle vend le produit le plus rémunérateur pour elle, dans un emballage fiscal séduisant.
Penser rentabilité réelle, toujours
Un bon réflexe : recalculer chaque opération en supprimant l'avantage fiscal. Si elle reste intéressante, l'avantage devient un bonus. Si elle s'effondre sans cet avantage, c'est qu'elle ne tenait pas debout par elle-même. Cette discipline, simple, élimine la majorité des mauvaises décisions.
La stratégie globale d'abord
- Quelle est la part de mon patrimoine déjà engagée dans des produits peu liquides ?
- Quel rôle ce nouvel investissement joue-t-il dans mon allocation ?
- Quelle serait ma situation si mes revenus baissaient pendant la durée d'engagement ?
Reprendre la main
Reprendre la main sur sa fiscalité, c'est d'abord cesser de la subir, mais sans en faire le pilote unique de ses choix. Un patrimoine bien construit produit naturellement de la performance, du revenu, et — au passage — quelques optimisations fiscales légitimes. L'inverse fonctionne rarement.
À propos de l'auteur
Marc Delorme
Passionné d'investissement et de stratégie patrimoniale, Marc Delorme analyse les tendances économiques, immobilières et financières depuis plusieurs années.
Voir tous ses articles →