Placements financiers : pourquoi la patience reste essentielle
Cycles de marché, volatilité et erreurs émotionnelles : la patience demeure le facteur le plus rentable, et le plus rare.
Par Marc Delorme · 22 mai 2024 · 7 min de lecture
Tous les investisseurs aguerris finissent par dire la même chose : la patience est le facteur le plus rémunérateur d'une stratégie financière. C'est aussi le plus contre-intuitif. Quand les marchés s'agitent, quand les titres financiers en ligne s'enflamment, ne rien faire devient l'acte le plus difficile.
Les cycles, qu'on le veuille ou non
Les marchés ne montent jamais en ligne droite. Ils alternent phases d'euphorie, plateaux, corrections et redémarrages. Un investisseur qui prétend pouvoir prédire ces cycles avec précision est un investisseur qui finira par perdre. Un investisseur qui les accepte comme une donnée structurelle peut, lui, en tirer parti.
La volatilité n'est pas la perte
La volatilité, c'est la variation. La perte, c'est la cession à un prix inférieur au prix d'achat. Tant qu'on ne vend pas, une baisse n'est qu'un mouvement comptable. Cette nuance, qui paraît évidente énoncée à froid, s'évanouit quand le portefeuille recule de quinze pour cent en quelques semaines.
La pire ennemie d'un portefeuille n'est pas la baisse. C'est la décision prise dans la baisse.
La psychologie, vraie classe d'actifs
Les biais cognitifs — peur, ancrage, sur-confiance, regret — coûtent chaque année plus cher aux investisseurs que toutes les commissions cumulées. C'est pour cela que la patience ne se décrète pas : elle se prépare. Cela passe par une allocation que l'on est capable de tenir, des règles écrites à l'avance, et une compréhension de soi-même.
Quelques garde-fous concrets
- Refuser de consulter son portefeuille tous les jours.
- Définir à l'avance ce qui justifierait — ou non — une vente.
- Investir progressivement plutôt qu'en une fois.
- Conserver une réserve de liquidité pour ne jamais vendre sous contrainte.
Le temps, allié silencieux
Le temps long fait mécaniquement deux choses : il lisse les cycles et il fait jouer les intérêts composés. Ces deux dynamiques expliquent pourquoi les meilleurs investisseurs sont rarement les plus brillants techniquement. Ce sont presque toujours ceux qui sont restés en place quand d'autres ont vendu.
À propos de l'auteur
Marc Delorme
Passionné d'investissement et de stratégie patrimoniale, Marc Delorme analyse les tendances économiques, immobilières et financières depuis plusieurs années.
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